Le commissaire Vidal et son adjoint Bonny creusent du côté de Houdan. Ils sont de la Sûreté Générale, la Secrète comme les Dupont et Dupond.
Le commissaire Vidal et son adjoint Bonny creusent du côté de Houdan. Ils sont de la Sûreté Générale, la Secrète comme les Dupont et Dupond.
C'est une question qui sera soulevée lors d'une prochaine demande de révision. Guillaume Seznec a indiqué avoir déposé Pierre Quéméneur à Dreux puis à Houdan. Son témoignage est pour le moins confus.
Dans la primo enquête du notaire Pouliquen effectuée début juin 1923, Guillaume Seznec affirme que les Cadillac en état de marche seront payées au prix uniforme de 30 000 FF (Bernez Rouz page 84 ed Apogée).
Le moins que l'on puisse dire est que le ministre de la justice, Eric Dupond-Moretti n'est pas d'un enthousiasme débordant à l'idée de rouvrir pour la nième fois le dossier du bagnard. Pour le ministre, dans un courrier en date du 4 aout 2021 adressé à Bertrand Vilain, "l'affaire Seznec est une affaire historique qui s'est déroulée il y a près d'un siècle". Il arrive à nous situer l'affaire dans le temps, c'est déjà ça. D'un autre coté, on ne peut pas lui reprocher un certain manque d'intérêt, lui qui doit gérer l'un des trois piliers de la République qui se trouve quasiment à l'état de ruine. Les prisons sont surchargées, les délinquants notoires et multirécidivistes sont relâchés le jour même de leur arrestation, les dealers font la loi à coup de rafales d'armes automatiques, le terrorisme plane sur nos têtes. Le Code pénal n'est plus appliqué sauf pour les délits et crimes les plus graves, et encore ou alors quand l'Etat peut récupérer des sous comme les excès de vitesse à 81 km/h avec les nouveaux véhicules avec radar mobile.
Jean-Louis Catastagnède est un haut magistrat auprès de la cour de Cassation. Lors de la révision de 2006, il occupait la position de conseiller rapporteur. Selon le dictionnaire juridique: «Devant la Cour de cassation, un Conseiller rapporteur est désigné dans chaque affaire, pour rédiger un rapport écrit dans lequel après avoir relaté succinctement les faits et la procédure suivie, il analyse en détail les moyens de droit fondant le pourvoi lesquels sont étudiés tant au regard des Lois que de l'évolution de la doctrine et de la jurisprudence. Le rapport se termine par l'énoncé de l'opinion du Conseiller sur la nature de la décision qui lui paraît devoir résulter de son analyse. Le rapport est suivi de l'avis du Parquet général.»
Cette phrase me hante car elle est une des clefs de toute l'affaire Seznec, page 41, dans "Mon père l'inspecteur Bonny" de jacques Bonny :" Moi, qui avais participé à l'enquête, j'étais certain qu'il avait tué le conseiller général Quéméneur. Ce n'est que bien des années plus tard que j'ai eu la certitude, pour ainsi dire formelle, que Seznec était innocent. Et pourtant, il est au bagne depuis plus de vingt ans et par ma faute, parce que je me suis trompé de bonne foi..."
Toute la culpabilité de Guillaume Seznec repose sur des sophismes. Il s'agit de raisonnements qui ont l'air vraisemblables mais qui sont faux car basés sur une erreur de logique.
Le seul problème vraiment sérieux pour comprendre toute l'affaire Seznec est de se poser cette question : Y a-t-il eu une affaire de vente de cadillac à la Russie des Soviets en mai 1923 ?
La documentation en français sur la Tcheka-OGPU concernant la période Dzerjinski de 1917 à 1926 est très peu fournie. Peu d'historiens francophones indépendants (non communistes ou non trotskistes) ont travaillé sur le sujet notamment après l'ouverture partielle d'archives de la période post-soviétique. Il existe une documentation plus riche en langue anglaise. Il est parfois indispensable d'aller à la source.