Leon Turrou Biographie
par Bertrand Vilain
Introduction
Cette chronologie repose sur de nombreux documents : dossiers du FBI, archives de différents ministères américains, registres d’immigration et des douanes, listes de passagers des transatlantiques, articles de la presse américaine (notamment le New York Times) et française, ainsi que plusieurs ouvrages.
Les renseignements biographiques donnés par Turrou lui-même, particulièrement sur la première partie de sa vie, ne sont pas toujours fiables. Il convient donc de les examiner avec prudence, sans les accepter ni les rejeter en bloc, et de les confronter à d’autres sources. Ses déclarations sous serment relatives à sa situation matrimoniale en 1920 et en 1921 ne concordent pas avec la date de son mariage mentionnée dans le passeport de Teresa.
Pour la période de 1923, j’emploie la désignation « Charly/Turrou » : dans cet ouvrage, j’identifie Leon Turrou à l’Américain appelé « Charly » dans l’affaire des Cadillac, à partir des preuves documentaires exposées dans mon livre Affaire Seznec : Les archives du FBI ont parlé. Entre 1929 et 1938, Turrou travaille au Bureau of Investigation, devenu le FBI en 1935. Cette activité est documentée dans de nombreux ouvrages ; je n’en ai donc pas détaillé tous les épisodes.
J’ai également utilisé les déclarations de John Maragon lors d’une enquête parlementaire américaine en 1950. Maragon, proche du président Truman et de son aide de camp, le major-général Harry Hawkins Vaughan, avait aussi témoigné devant une commission sénatoriale enquêtant, en 1949, sur des soupçons de corruption dans l’attribution de marchés publics et sur le versement de commissions à des intermédiaires. Il a ensuite été condamné pour parjure à propos de ses déclarations sur ses comptes bancaires. Il convient donc d’apprécier séparément chacune de ses affirmations et les éléments qui la corroborent.
J’ai aussi pris en compte le témoignage de Davidowsky, ancien ami de Turrou. Présenté comme honnête et charitable, il gérait à New York un bar-restaurant dont la clientèle était parfois bruyante. L’agent du FBI venu l’interroger à l’improviste, pendant le service, indique que Davidowsky avait bu plusieurs verres de vin, tout en le jugeant apte à répondre aux questions. Certaines informations qu’il fournit peuvent être recoupées avec d’autres documents.
Cette chronologie reste susceptible d’évoluer au gré de nouvelles découvertes documentaires.
Je comprends que la présentation d’aspects controversés de la vie de Turrou puisse déplaire à ses descendants. L’enjeu de cette recherche demeure néanmoins l’affaire Seznec : Guillaume Seznec fut condamné en 1924, et sa culpabilité continue de faire l’objet de contestations. Le présent travail expose les preuves qui me conduisent à identifier Leon Turrou à l’intermédiaire américain connu sous le nom de « Charly » dans le projet de vente de Cadillac vers la Russie soviétique. Cette identification doit être distinguée de la question de son éventuelle implication dans la disparition de Pierre Quéméneur.
1895
14 septembre : naissance de Leon Turovsky à Kobryn, dans l’Empire russe (ville rattachée à la Pologne à l’issue du traité de Riga de 1921, puis intégrée à la Biélorussie soviétique en 1939).
Père : Morris Turovsky, également nommé Moishe ou Moisei, parfois présenté comme le « comte Turovsky »
Mère biologique : Anna Kouznetsova, selon les éléments recueillis
Belle-mère ou mère adoptive supposée : Rebecca Turovsky, née Skudin (également désignée comme Tzilya Sirkin ou Rachel), née vers 1875 à Minsk
Frères ou demi-frères mentionnés : Yacob Turovsky (1899-1942), Rudolf Turovsky (1900-1935) et Mendel Turovsky (1906-1976).
Turrou affirme que les Turovsky étaient ses parents adoptifs. En
1939, il déclare à la presse française que son père était un
ramoneur français, tantôt auvergnat, tantôt alsacien. Rhodri
Jeffreys-Jones rapporte qu’un test ADN a révélé une ascendance
juive partielle. Turrou est de religion catholique selon son extrait
de mariage.
Selon un petit-fils de Leon, celui-ci aurait
eu deux frères, Rudolf et Joseph, ce dernier n’étant jamais venu
aux États-Unis. Ces témoignages divergent sur la composition de la
fratrie.
1900
15 octobre : naissance de Teresa Zakrzewski à Zahacie (région de Vilno, dans l’Empire russe à cette date ; territoire devenu polonais ultérieurement), future épouse de Leon Turrou.
Parents de Teresa : Anna E. Zakrzewski (1864-1956) et Joseph Zakrzewski. Frère : Józef (Joseph) Zakrzewski (25 octobre 1897 – 20 septembre 1990), arrivé à New York le 12 mars 1923.
25 décembre : naissance de Rudolf, frère présumé de Leon Turrou, à Alexandrie, en Égypte.
1900–1903
Selon les déclarations de Turrou, il fréquente une école jésuite au Caire, peut-être le collège de la Sainte-Famille. Sa présence n’a pas été confirmée. Source mentionnée : dossier FBI, file 1, section 1, p. 271.
1906–1908
Turrou aurait vécu à Berlin, en Allemagne. Source mentionnée : dossier FBI, file 1, section 1, p. 271.
1908
Selon ses déclarations, Turrou aurait été abandonné à l’âge de treize ans. Source mentionnée : dossier FBI, file 1, section 1, p. 271.
1911
Selon Turrou, il serait arrivé aux États-Unis à bord du Kronprinzessin Cecilie. Déclaration faite lors d’un entretien avec l’agent Valjavec, non confirmée par les documents cités.
1912
Turrou aurait vécu à Londres. Source mentionnée : dossier FBI, file 1, section 1, p. 271.
1913
12 mars : arrivée documentée de Leon Turrou aux États-Unis à bord du SS Bremen, en provenance d’Allemagne.
1914
28 octobre : selon son ancien colocataire Mike Jacobehic (ou Jacobchik), Turrou aurait été hospitalisé au Kings County Hospital sous le nom de Leon Petrov, à la suite d’une tentative de suicide.
3 novembre : le registre hospitalier confirme l’admission d’un certain Leon Petrov, âgé de 22 ans, qui exerçait le métier de poseur de papier peint. Le contact indiqué est Michael Yazoubitchion.
1916
D’après Davidowsky, Turrou quitte les États-Unis pour voyager à Singapour, en Chine et en Russie.
13 juillet : Rebecca (mère adoptive ou belle-mère de Leon Turrou) et Rudolf Turovsky arrivent à Seattle à bord du SS Sado Maru, après un voyage passant par Yokohama et Singapour. Rebecca, âgée de 41 ans, se déclare née à Minsk. Un oncle nommé Skudin est domicilié au 1016 Pitkin Avenue, à Brooklyn. Rudolf est âgé de seize ans.
Turrou affirmera s’être engagé dans la Légion étrangère française et avoir combattu sur le front de l’Est, où il aurait été blessé à deux reprises. Il aurait rencontré Teresa Zakrzewski lors d’une convalescence à Paris et reçu la croix de guerre avec palme. Les recherches citées, effectuées par les autorités américaines et françaises, n’ont pas permis de confirmer ce récit. Les documents réunis indiquent en outre que Teresa ne se serait pas rendue en France avant 1923. Turrou séjourne plutôt en Extrême-Orient à cette période.
Une blessure à la jambe est attestée dans les témoignages recueillis ; Turrou l’attribue à un éclat d’obus (shrapnel). L’hypothèse d’un engagement ultérieur auprès des Russes blancs reste à documenter.
1917
Turrou travaille comme traducteur à la Chinese Eastern Railway (Chemin de fer de l’Est chinois). Source mentionnée : dossier FBI, file 1, section 1, p. 271.
19 octobre : mariage de Leon Turrou et de Teresa Zakrzewski à Vladivostok, en Russie, selon le passeport de Teresa et un extrait d’acte de mariage. Turrou est de confession catholique.
1918
Juin : le couple séjourne à Taïga, en Sibérie, dans le contexte de la guerre civile russe ; la région est alors sous le contrôle des forces antibolcheviques. Résidence indiquée dans le passeport de Teresa.
10 novembre : naissance de leur fils Edward Turrou à Taïga.
1919
D’après les indications du passeport de Teresa, Leon et Teresa Turrou auraient séjourné en Chine en 1919-1920.
Vers octobre : Leon Turrou regagne seul les États-Unis depuis Shanghai, en transitant par la France.
8 novembre : départ du Havre à bord du SS La Fayette, à destination de New York.
17 novembre : arrivée à New York à bord du SS La Fayette.
Novembre : Taïga est reprise par les forces rouges. Teresa s’y trouve, selon les indications de la chronologie initiale.
9 décembre : naissance de Victor Turrou à Taïga, en Sibérie.
En 1939, Turrou racontera à la radio qu’en 1918, alors que son épouse était restée en Russie et que lui-même se trouvait en Chine, le consulat américain lui aurait annoncé le massacre de tous les habitants du village où résidait sa famille ; cette nouvelle l’aurait décidé à rentrer aux États-Unis. Ce récit est à distinguer des déplacements et des naissances attestés par les documents. Il faut souligner que ce récit présente des invraisemblances.
13 décembre : Rebecca Turovsky, mère ou mère adoptive de Turrou, épouse David Marcus à New York.
1920
20 avril : dans sa déclaration d’intention de naturalisation (Declaration of Intention), Turrou indique sous serment être célibataire, malgré le mariage du 19 octobre 1917 mentionné dans le passeport de Teresa.
29 avril : engagement dans le Corps des Marines à Washington.
Mai : transfert à la base des Marines de Quantico (Virginie).
21 mai : départ pour l’Europe.
8 juin : arrivée à Anvers.
1er-31 juillet : affectation en France au Map Detachment, à Saint-Étienne-à-Arnes (Ardennes).
30 septembre : affectation à Thiaucourt, en Meurthe-et-Moselle.
22 novembre : embarquement à Anvers à bord du Pocahontas [orthographe du navire à confirmer d’après la liste de transport].
8 décembre : arrivée au port de Hoboken, dans le New Jersey.
1921
7 février : Turrou signe sa demande de naturalisation, dans laquelle il déclare une nouvelle fois ne pas être marié. Il demande à substituer le nom de Leon Turrou à celui de Leon Turovsky.
18 mars : première candidature auprès du Bureau of Investigation, futur FBI. Référence indiquée : dossier FBI, file 1, section 3, p. 40/280.
7 avril : hospitalisation de Turrou.
18 avril : le Washington Times publie un article sur un prétendu attentat visant René Viviani (1863-1925), ancien président du Conseil français. Turrou aurait été témoin de l’incident et aurait tenté de poursuivre les agresseurs. L’enquête de police n’a pas confirmé cette version.
30 avril : nouvelle hospitalisation au US Naval Hospital.
31 mai : Turrou est déclaré inapte ou handicapé selon le document cité
8 juin : demande de passeport pour raisons de santé, en vue d’un voyage en France (nº 62758).
5 juillet : demande de passeport pour un voyage New York–Le Havre à bord du SS La Savoie
25 septembre : embauche à New York par l’American Relief Administration (ARA).
Octobre : départ pour Moscou au sein de l’ARA.
1922
Vers avril-mai : Turrou retrouve son épouse et leurs deux enfants.
6 mai : établissement d’une carte d’identité russe pour Teresa.
13 juillet : délivrance d’un passeport d’urgence (Emergency Passport) à Teresa Turrou par le consulat des États-Unis à Varsovie.
Décembre : Turrou est l’assistant du major John J. Mangan au service administratif de l’ARA, chargé plus particulièrement des déplacements et des visas du personnel.
1923
Début février : Turrou démissionne de l’ARA, quitte Moscou et séjourne notamment à Varsovie.
7 et 9 février : [Affaire Seznec] publication, dans L’Auto, d’une annonce relative à la recherche de dix Cadillac.
20 février : lettre de remerciement du colonel William N. Haskell, responsable de la mission de l’ARA à Moscou.
Entre le 1er et le 7 mars : rencontre située à Paris entre Pierre Quéméneur et « Charly », que j’identifie à Leon Turrou dans le livre.
8 mars : Quinn, de l’ARA à Moscou, indique dans une lettre avoir reçu un courrier expédié par Turrou depuis Varsovie.
17 mars : départ du Havre à bord du SS Paris, à destination de New York, avec Teresa et leurs deux enfants.
24 mars : arrivée de la famille Turrou à New York.
31 mars : convocation de Turrou par l’ARA au sujet d’une affaire de diamants et d’un chèque sans provision remis à un ressortissant russe à Moscou
20 avril : copie d’une lettre de remerciement du colonel Haskell destinée à Turrou. Le document est présenté dans le texte initial comme antidaté.
4 mai : entretien entre Turrou et Herbert Hoover.
15 mai : départ du Berengaria de New York pour Cherbourg et Southampton.
21 mai, 16 h : arrivée du Berengaria à Cherbourg. Turrou pourrait avoir été à bord, mais la liste de passagers correspondante n’a pas été retrouvée dans les documents cités.
21 mai, 20 h 30 : [Affaire Seznec] appel téléphonique de Guillaume Seznec à Pierre Quéméneur, dans le contexte de l’affaire des Cadillac.
26 mai, 8 h 30 : rendez-vous annoncé dans une brasserie avenue du Maine près de la gare Montparnasse, à Paris, entre Pierre Quéméneur et « Charly », identifié dans cet ouvrage à Leon Turrou. La brasserie serait Le Zeyer.
27 mai : la chronologie initiale rapporte qu’un témoignage attribué au fils de Guillaume Seznec évoque Pierre Quéméneur « aperçu mort à Morlaix ».
Début juillet : selon le récit recueilli, Turrou se trouve à Monaco, où il aurait perdu son argent au casino. Son épouse et Davidowsky lui auraient envoyé des fonds pour financer son retour aux États-Unis.
7 juillet : départ de Cherbourg à bord du SS Berengaria, à destination de New York ; Turrou figure sur la liste des passagers.
13 juillet : arrivée du Berengaria à New York.
Dans ses déclarations ultérieures, Turrou qualifie son entreprise commerciale menée entre mai et juillet 1923 de « calamity » (calamité). La nature et les causes de cet échec ne sont pas explicitées dans ce passage. Il est possible que cela concerne sa participation à l’affaire Seznec.
24 juillet : candidature auprès du ministère américain de la Justice, accompagnée du courrier du colonel Haskell mentionné plus haut.
12 septembre : embauche comme vendeur chez Macy’s.
1924
1er juillet : entretien de Turrou à son domicile avec l’agent Valjavec. Référence indiquée : dossier FBI, file 1, section 3, p. 40/280.
21 octobre : nouveau passeport en vue de déplacements professionnels en France, en Allemagne, en Belgique, en Pologne, en Lituanie et en Angleterre. Mention manuscrite : « L&N Mushroom, 1253 Boynton, Bronx » (passeport nº 484899)
1er novembre : départ de Macy’s.
Décembre : voyage en Europe ; la date exacte du départ reste inconnue.
1925
Janvier : dans une lettre, Turrou indique avoir passé six semaines en Russie
11 février : départ du Havre pour New York à bord du SS Rochambeau.
21 février : arrivée à New York.
7 mars : reprise de son emploi de vendeur chez Macy’s.
16 avril : candidature auprès de la Civil Service Commission. Référence indiquée : dossier FBI, file 1, section 3, p. 40/280.
18 mai : lettre à J. Edgar Hoover ; aucune réponse n’est mentionnée dans les documents cités.
1926
Mars : Turrou quitte Macy’s.
24 juin : candidature auprès du ministère de la Justice. Référence indiquée : dossier FBI, file 1, section 3, p. 40/280.
26 juillet : nouvelle candidature au Bureau of Investigation (futur FBI). Référence indiquée : dossier FBI, file 1, section 3, p. 40/280.
12 septembre : envoi d’un texte intitulé An Unwritten Chapter, consacré à ses souvenirs de Dzerjinski.
Octobre : Turrou entre au service des postes de New York, où il reste jusqu’en avril 1929.
1928
8 décembre : l’agent McKean, du Bureau of Investigation, interroge Turrou à propos de sa candidature.
1929
1er avril : Turrou quitte son emploi dans les services postaux de New York.
1929 : il entre au Bureau of Investigation, futur FBI, qu’il quittera le 20 juin 1938
23 avril : inscription auprès de la Municipal Civil Service Commission comme interprète en yiddish et en russe.
1930
11 avril : recensement de Leon, Teresa, Edward et Victor Turrou.
1932
27 octobre : incendie de l’immeuble de Davidowsky, où se trouve l’appartement de Turrou. Une brouille survient entre les deux hommes
1935
19 octobre : décès de Rudolf Turovsky, frère ou demi-frère présumé de Leon.
1938
15 juin : demande de passeport pour l’Europe.
20 juin : démission du FBI.
14 octobre : ouverture du procès des espions nazis.
29 novembre : nouvelle candidature de Turrou auprès du FBI. Référence indiquée : dossier FBI, file 1, section 3, p. 40/280.
2 décembre : clôture du procès.
1939
5 juin : arrivée de Leon Turrou à Southampton, en provenance de New York, à bord du SS Normandie.
30 juin : enquête de la Sûreté sur un éventuel projet d’attentat contre Turrou, attribué à des ressortissants étrangers. Affaire classée sans suite.
4 juillet : Turrou assiste à la première parisienne du film Les Aveux d’un espion nazi.
15 juillet : départ du Havre pour New York à bord du SS Île-de-France.
1940
Recensement américain de la famille Turrou. Le document initial porte la date du 1er juin, mais la date officielle de référence du recensement de 1940 est le 1er avril ;
1941
8 décembre : mention d’une démarche volontaire auprès de l’armée. Les adresses relevées sont : Teresa, 15 Garden Turn, Manhasset (New York) ; Leon, 28 East 92nd Street, New York ; téléphone Manhasset 2782 ; adresse professionnelle, 420 Lexington Avenue, New York.
1942
1er mai : décès soudain de Teresa Turrou, née Zakrzewski.
1943
2 avril : engagement comme simple soldat (private) dans la police militaire, à Cameron (Texas).
16 août : décès de Victor Turrou dans l’accident de son avion au-dessus de l’Italie
1945
24 mai : mariage avec Anna B. McLester à Tucson, en Arizona.
1947
15 juin : voyage en avion de Paris vers les États-Unis.
1948
Le major Leon Turrou est directeur de la Compliance Division de l’Office of the Foreign Liquidation Commissioner, situé au 41, rue du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris.
Son nom apparaît dans une enquête sur des irrégularités dans la liquidation de surplus américains en France. Le Département d’État est informé de l’affaire.
1949
Avril : publication en anglais de Where My Shadow Falls.
13 juin : Turrou quitte l’armée et s’installe à Paris.
Il travaille pour le milliardaire J. Paul Getty dans le domaine de la sécurité.
9 juillet : voyage Paris–New York sur Air France. Adresse parisienne indiquée : 82, boulevard Flandrin.
1950
Publication de J’étais un G-Man, traduction française de Where My Shadow Falls.
1951
Un rapport du Congrès américain sur la liquidation des surplus mentionne à plusieurs reprises Leon Turrou et ses relations avec l’homme d’affaires George Dawson.
1954
14 octobre : affaire impliquant Turrou et l’armateur Aristote Onassis
1960
1960-1962 : le lieutenant-colonel Turrou préside la Confédération interalliée des officiers de réserve (Interallied Confederation of Reserve Officers).
Mars : publication du roman Bonheur en sursis, adaptation française réalisée par Nicole Le Lec (Baucilhon). L’ouvrage se déroule dans le Paris d’exilés cosmopolites et met en scène, entre autres, le faux prince russe Boris Ivanovitch Koutouzov, chauffeur de taxi et ancien danseur. Il aurait étudié auprès de Fokine avant qu’une blessure à la jambe n’interrompe sa carrière.
1961
2 février : selon la chronologie initiale, Turrou aurait remis la Croix de Malte à Georges Pompidou, à l’hôtel Matignon.
1963
28 janvier : un courrier de l’ambassade des États-Unis évoque les démarches de Turrou auprès du House Committee on Veterans’ Affairs à propos d’un immeuble du gouvernement américain, situé au 49, rue Pierre-Charron, à Paris, occupé par l’American Legion. Turrou aurait dénoncé sa fréquentation par des personnes se livrant à la prostitution. Selon l’interprétation donnée dans le texte initial, il aurait cherché ainsi à récupérer les locaux pour sa propre organisation
1969
12 mars : participation de Turrou à l’émission télévisée Les Dossiers de l’écran, consacrée au gangstérisme (archives INA).
1970
Turrou entretient des relations cordiales avec Maurice Grimaud, préfet de police de Paris
1972
Turrou est commandant du Benjamin Franklin Post 605 des Veterans of Foreign Wars.
Octobre : publication par le Benjamin Franklin Post 605 d’un ouvrage consacré au trentième anniversaire du débarquement allié en Afrique du Nord (1942-1972). Turrou y est cité à plusieurs reprises.
1976
6 juin : mort de J. Paul Getty. Turrou se rend à Sutton Place (Surrey, Royaume-Uni) et apprend qu’il ne reçoit aucun héritage, notamment le million de dollars qu’il affirme lui avoir été promis
1986
10 décembre : décès de Leon Turrou. Il est enterré au cimetière de Neuilly-sur-Seine, dans le mausolée de l’American Legion.




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