lundi 29 juin 2026

Affaire Seznec : reprendre l'enquête à zéro

 



Affaire Seznec : reprendre l'enquête à zéro

Cela fait maintenant plus d'un siècle que l'affaire Seznec hante la Bretagne et continue, plus que jamais, de diviser ceux qui s'y penchent. Quatorze demandes de révision en un siècle, des dizaines de livres, autant de théories contradictoires — et toujours la même question non résolue : que s'est-il réellement passé entre Rennes et Paris, dans la nuit du 25 au 26 mai 1923, quand Pierre Quéméneur a disparu sans laisser de trace ?

J'écris depuis un moment déjà un livre sur cette affaire. Mais il y a quelques mois, j'ai pris une décision qui a tout changé dans ma façon de travailler : reprendre l'enquête de 1923 entièrement à zéro, sans rien écarter au départ. Pas une théorie favorite à confirmer, pas un camp à rejoindre — juste les faits, remis bout à bout, dans l'ordre où ils sont apparus.

Ce qu'on ne peut pas remettre en cause

Je tiens à le dire clairement, parce que c'est rarement fait avec cette franchise dans la littérature sur l'affaire : la fausse promesse de vente et l'achat de la machine à écrire au Havre, je ne peux pas les contester. Les faits matériels sont là, établis, documentés, recoupés par plusieurs témoignages indépendants. Vouloir nier ce point, comme le font certains défenseurs de l'innocence absolue de Seznec, c'est se condamner à argumenter contre l'évidence — et donc à perdre toute crédibilité sur le reste.

C'est d'ailleurs tout l'enjeu de la méthode que j'ai adoptée : accepter ce qui est solide pour mieux faire ressortir, par contraste, ce qui ne l'est pas.

Le reste de l'accusation ne tient pas

Parce que voilà le cœur du problème : avoir fabriqué un faux document n'est pas la même chose qu'avoir commis un meurtre. Ce sont deux affirmations différentes, qui demandent chacune leurs propres preuves. Et c'est précisément là que l'accusation de 1923 s'effondre.

Plus j'avance dans cette reprise complète du dossier, plus je constate à quel point l'enquête a dérapé dès les premiers jours, même avant que l'enquête ne démarre officiellement. Le mécanisme est toujours le même : chaque élément qui ne collait pas avec la thèse du meurtre, la piste du mystérieux « Gherdy », l'affaire de Cadillac, certains rapports de la Sûreté générale qui n'arrangeaient personne — a été systématiquement écarté, minimisé ou tout simplement enterré. Pas par accident. Par construction.

C'est précisément ce travers que j'ai voulu corriger en reprenant l'instruction de 1923 sans rien exclure a priori. Et les éléments que je rassemble pour le livre montrent, que la version judiciaire du meurtre se heurte violemment aux faits — au point d'en devenir quasiment impossible à soutenir telle qu'elle a été présentée à l'époque.

Une découverte qui ne s'est pas faite en France

Et puis il y a eu, ces dernières semaines, une avancée que je n'attendais plus. Une série d'archives qui me manquait depuis longtemps pour combler une zone d'ombre au coeur du dossier — des archives qui, je le savais, ne se trouvaient pas en France. J'ai fini par écrire directement aux services d'archives russes, sans trop d'espoir d'obtenir une réponse rapide. Ils m'ont répondu, et m'ont indiqué précisément où chercher.

Je ne vais pas en dire plus pour l'instant — le livre racontera cette partie de l'enquête dans le détail qu'elle mérite. Mais je peux dire que ce fil-là n'est pas anodin : l'affaire Seznec s'est nouée fin 1922, époque où le gouvernement français surveillait toutes les relations commerciales avec l'URSS, et où certains trafics d'après-guerre — dont celui des Cadillac qui occupait justement Seznec et Quéméneur ce jour de mai 1923 — traversaient des circuits qu'on ne retrouve pas forcément dans les archives des ministères.

 Ce que le livre va vraiment raconter

Le livre présentera ce qu’il s’est réellement passé, pourquoi, et comment. Il surprendra. Il restera, malgré tout, des zones d’ombre — et je préfère le dire d’emblée plutôt que de promettre une résolution totale que personne ne peut sérieusement garantir. Reprendre une enquête cent ans après les faits relève de la gageure : les témoins sont morts depuis longtemps, les indices matériels ont disparu ou se sont dégradés, et certaines pièces ne seront probablement jamais retrouvées. Mais l’absence de certitude absolue sur chaque détail n’empêche pas de comprendre, avec un niveau de preuve solide, la mécanique d’ensemble de ce qui s’est joué.

Et c’est là, je crois, l’essentiel : en 1923, personne n’avait les éléments pour appréhender la totalité de l’affaire. Ni les enquêteurs, ni les juges, ni les journalistes qui ont façonné l’opinion publique. Chacun a travaillé avec les pièces qu’il avait sous la main, à un instant donné, sans la vue d’ensemble que permet aujourd’hui le recul du temps et l’accès à des archives qui étaient alors inaccessibles ou simplement inconnues.

Au fond, ce livre n’est pas tant un livre sur un meurtre que sur la fabrication d’une vérité judiciaire — comment une hypothèse de départ, jamais véritablement vérifiée, a fini par devenir une certitude aux yeux de la justice. C’est cette mécanique que dix années de recherche m’ont permis de reconstituer.

mardi 14 avril 2026

Comment reprendre à zéro toute l'enquête de la disparition de Quémeneur



La thèse de la justice affirme que Guillaume Seznec a tué son ami Pierre Quémeneur. Le mobile serait de s’emparer de la propriété de Plourivo. Il aurait fabriqué de fausses promesses. Pour attirer Quémeneur dans un traquenard, il aurait inventé cette affaire de vente de Cadillac vers la Russie des Soviets.

lundi 13 avril 2026

L'écriture d'un nouveau livre sur l'affaire Seznec



Je suis toujours en train d’écrire un livre ultime sur l’affaire Seznec. Je prends mon temps. Ce livre ne cherchera pas à prouver la culpabilité ou l’innocence, mais à aller au-delà, en expliquant ce qu’il s’est réellement passé. La seule conclusion logique est que la culpabilité de Seznec est très improbable.

J’y démonte l’intégralité du dossier d’instruction, en expliquant pourquoi la justice a fait fausse route. Elle n’a pas trouvé la solution par excès de confiance. Bien sûr, les actes de procédure se sont multipliés, souvent dans le but de conforter la thèse de la culpabilité. À la lecture du dossier, on s’aperçoit que la découverte d’une casquette, d’un papier gras ou d’un champignon donne lieu à des procès-verbaux et à des expertises. En revanche, des faits comme ceux rapportés par le banquier Saleun ne font l’objet d’aucune vérification ni recherche.

mardi 24 mars 2026

Le combat de Pierre-François Lebrun


Pierre-François Lebrun, réalisateur d’un documentaire sur l’affaire Seznec diffusé sur France 3, se présentait aux élections municipales à Saint-Jacques-de-la-Lande, dans la banlieue de Rennes. Il figurait sur une liste de gauche et d’extrême gauche. Il a été battu lors du scrutin.

vendredi 13 février 2026

Un dossier classé secret-défense au cœur de l’énigme Seznec


Gregori Zinoviev


Un dossier d’origine gouvernementale éclaire d’un jour nouveau les activités d’organisations commerçant en France avec les Soviets au début des années 1920. Parmi elles figure une entité qui a monté, dès les premiers mois de 1923, une affaire de Cadillac.

vendredi 6 février 2026

Affaire Seznec : Enquête sur une énigme incompréhensible 2


Le prochain ouvrage de Bertrand Vilain, Affaire Seznec : Enquête sur une énigme incompréhensible, est toujours en cours de rédaction. Il sera disponible vers le printemps 2026.

L’affaire Seznec est devenue incompréhensible en raison d’une multitude d’hypothèses contradictoires, dont la plupart sont peu sérieuses et peu argumentées. Je ne remets pas en cause les éléments contenus dans le dossier d'instruction.

mercredi 4 février 2026

Affaire Seznec : Enquête sur une énigme incompréhensible 1

 "Affaire Seznec : Enquête sur une énigme incompréhensible" est le nouvel ouvrage de Bertrand Vilain. Il poursuit l'enquête sur la découverte du mystérieux Américain au nom approximatif de Sherdly publiée dans Affaire Seznec : Les archives du FBI ont parlé. Plusieurs mystères restaient en suspend notamment en ce qui concerne cette énigmatique annonce publiée dans le journal L'Auto et signée O.I.R. Bertrand Vilain a rassemblé de nombreux éléments historiques qui conduisent vers une organisation en lien avec les Soviets.

dimanche 1 février 2026

La preuve judiciaire et la preuve historique dans l'affaire Seznec





Dans mes échanges, j’entends souvent cette remarque : « il n’y a pas de preuves ».
Il n’y a pas de preuves concernant Turrou. Il n’y a pas de preuves que Pierre Quémeneur a répondu à une annonce d'un journal. Il n’y a pas de preuves de l’innocence, il n’y a pas de preuves de la culpabilité. Bref, il n’y a jamais de preuves…

dimanche 25 janvier 2026

Claudine Jourdan Notice biographique factuelle Chatgpt

 

Claudine Jourdan

Claudine Jourdan est un psychologue clinicien exerçant en France, notamment à Priziac (Morbihan, Bretagne), où elle reçoit des patients adultes. Elle est psychologue conventionnée avec l’Assurance Maladie dans le cadre du dispositif Mon soutien psy, ce qui permet un accompagnement psychologique remboursé partiellement par la Sécurité sociale.

Bertrand Patenaude Notice biographique factuelle Chatgpt


Bertrand Patenaude (L'autre Bertrand)

Bertrand M. Patenaude est un historien américain contemporain, spécialiste de l’histoire moderne, notamment de la Russie, de l’Europe et des relations internationales.