Bertrand Vilain Biographie


Du coté de Roswell au Nouveau Mexique




Mes racines sont bretonnes et vendéennes. Mon plus lointain ancêtre connu (Le Blouch) était au XVIe, siècle laboureur, au Tour-du-Parc sur la Presqu'île de Rhuys, dans le Morbihan. Mon grand-père, résistant FFI, a participé aux combats pour la libération de Brest et de la région en août-septembre 1944, puis à la libération du pays jusqu'en Allemagne.

Dans les années 1980, après des études universitaires, je me suis orienté vers l'informatique et les réseaux. J'ai travaillé pour les plus grandes entreprises du secteur (Bull, Sita, American Airlines Sabre, Equant, Transpac, Orange...) en France et aux Etats-Unis notamment à Tulsa Oklahoma.

Après une carrière comme salarié, j'ai décidé de changer de vie. Je me suis  lancé dans l'entrepreunariat avec une activité d'export d'antiquités Brocante de France vers le Texas. J'avais un entrepot à proximité de Sizun dans le Finistère, où Pierre Quéméneur a été élu conseiller général. 

 

 WholesalefrenchAntiques

J'ai aussi des activités sur internet. Je parcours les salles de vente de Bretagne pour dénicher les objets les plus intéressants pour ma clientèle étrangère. Avant la crise du Covid, nous aimions sillonner en famille les Etats-Unis (Texas, Nouveau-Mexique, Louisiane, Oklahoma, Colorado...) avec notre camping-car, un vieux Ford Tioga appelé Rocinante, en référence à Steinbeck et son livre " Travels with Charley : In search of America".

Ford Tioga - in Arkansas -


Je m’intéresse à l’affaire Seznec depuis 2005. Au départ, je pensais Guillaume Seznec coupable du meurtre de Pierre Quéméneur. Puis, au fil de mes recherches et de la lecture des archives, le doute s’est installé.

Seznec a été condamné, mais le meurtre de Pierre Quéméneur n’a jamais pu être matériellement reconstitué. Il s’agit d’une affaire sans cadavre, sans arme du crime, sans témoin direct du meurtre et, surtout, sans déroulement des faits permettant d’expliquer de manière certaine ce qui serait arrivé à Quéméneur après sa disparition.

Je suis chercheur indépendant. Mon métier m’a appris à pratiquer une forme d’investigation historique très concrète. À partir d’un objet apparemment inerte, il faut parvenir à déterminer sa composition, son âge, son origine, identifier celui qui l’a fabriqué, comprendre dans quel contexte et pour quelle raison il a été produit. Il faut partir des traces, les confronter et remonter progressivement jusqu’à leur histoire.

C’est cette méthode que j’ai appliquée à l’affaire Seznec.

Pendant des décennies, l’affaire a été racontée comme un crime presque exclusivement breton : deux hommes partis en voiture vers Paris, la disparition de l’un d’eux, puis le procès de l’autre. Elle est ensuite devenue l’un des grands symboles français de l’erreur judiciaire.

Mais certains éléments du dossier s’accordaient mal avec cette histoire relativement simple.

Il y avait cet Américain que les enquêteurs de 1923 n’étaient jamais parvenus à identifier. Il y avait cette mystérieuse affaire de Cadillac destinées à la Russie soviétique. Il y avait des intermédiaires difficiles à retrouver, des documents disparus ou contradictoires, des déclarations qui ne correspondaient pas toujours aux faits établis et, plus généralement, toute une série d’anomalies restées sans véritable explication.

Plutôt que de chercher à démontrer dès le départ l’innocence ou la culpabilité de Seznec, j’ai donc choisi de reprendre l’enquête à partir des sources.

J’ai travaillé sur le dossier d’instruction, les dossiers de police, les archives administratives et des archives personnelles. Puis, j’ai progressivement élargi les recherches au-delà du dossier judiciaire français.

J’ai consulté d'autres archives françaises, des archives américaines (Hoover, Stanford, FBI...) et russes (Tchitcherine, Krassine, OGPU…). Cette démarche a permis de retrouver des personnages, des organisations et des événements dont les enquêteurs de 1923 ignoraient parfois presque tout.

Peu à peu, l’affaire a changé de dimension.

Ce qui semblait être, au départ, un simple projet de vente de voitures entre deux négociants bretons s’inscrivait en réalité dans un environnement beaucoup plus vaste : les relations commerciales avec la Russie soviétique, les réseaux d’intermédiaires opérant entre Paris, Londres, Moscou et les États-Unis, mais aussi les activités de renseignement et de contre-espionnage particulièrement intenses au début des années 1920.

L’objectif de mes recherches n’a donc jamais été de fabriquer une nouvelle théorie destinée à remplacer les précédentes. Il a été beaucoup plus simple : retrouver les personnes, les documents et le contexte qui manquaient à l’enquête de 1923, puis voir ce que les faits racontaient lorsqu’on les replaçait dans leur environnement réel.

C’est ainsi qu’une affaire que l’on croyait, depuis un siècle, entièrement connue a commencé à révéler une histoire sensiblement différente de celle qui avait été racontée jusqu’ici. Les archives ont commencé à parler. 


J'ai écrit trois livres :

- L'affaire Seznec : Nouvelles révélations avec Albert Baker (2011)



Ce livre est le plus ancien. Il date un peu, mais il y a des choses intéressantes.

- Affaire Seznec : Les archives du FBI ont parlé

Affaire seznec arhives du FBI

 Affaire Seznec : Les archives du FBI ont parlé Bertrand Vilain

Ce livre présente une recherche dans les archives américaines afin de retrouver d'où venait cette histoire de Cadillac et qui était le personnage caché derrière Sherdly. L’identification de Sherdly à Leon G. Turrou résulte de la convergence de plusieurs éléments indépendants : identité, nationalité, langues, parcours, présence en France aux dates concernées, liens avec les milieux russes et américains, et concordance avec les renseignements connus dans les dossiers d'instruction et de police. Pris ensemble, ces éléments permettent d’identifier Turrou. 

Le rôle attribué à Sherdly suppose également un individu capable de présenter une opération douteuse sous des apparences suffisamment crédibles pour gagner la confiance de ses interlocuteurs. 

La découverte de nouvelles archives m'a obligé à mettre à jour plusieurs fois cet ouvrage, entre 2020 et 2023.

Ce livre est toujours d'actualité mais, dans cette enquête, je n'avais découvert que la moitié de la clef.

- Affaire Seznec : L'énigme incompréhensible - Contre-espionnage et archives secrètes de Moscou (2026)



Ce livre poursuit l'enquête précédente dans des archives secrètes qui ont été volées par les nazis puis récupérées par les soviétiques avant de revenir en France fin des années 90 et 2000. Il existe notamment un dossier en particulier, mal catalogué, qui est resté totalement inexploité. Dans ce dossier du contre-espionnage français SR/SCR qui date essentiellement de 1922-1923, des individus en contact avec Pierre Quéméneur avaient été placés sous surveillance.

J'ai participé à plusieurs émissions de télévision concernant l'affaire Seznec :

Documentaire sur Planète+ de Patrick Schmitt et Pauline Verdu avec la voix de Tom Novembre

Bretagne Terre de Crimes France 3 de Benoît Le Vaillant

En 2018, avec une équipe de bénévoles, j'ai coordonné les fouilles dans l'ancienne scierie de Guillaume Seznec à Morlaix. Ces fouilles, largement médiatisées ont fait l'objet d'un reportage complet réalisé par 

Anne-Sophie Martin et diffusé sur France 2 dans une émission de Laurent Delahousse.

 

Denis Langlois - Bertrand Vilain - Bernez Rouz février 2018

A la suite de la publication de mon livre L'affaire Seznec : Les archives du FBI ont parlé, Thierry Sutter, militant pour la réhabilitation et Denis Le Her Seznec ont souhaité me rencontrer. Nous avons eu un échange à La-Trinité-sur-Mer. Denis souhaitait vérifier le sérieux de mon ouvrage. 

 

 Rencontre avec Thierry Sutter, Denis Le Her Seznec et Bertrand Vilain décembre 2021