jeudi 22 octobre 2026

Fait troublant : Où sont passés les cahiers de Quéméneur ?

Après avoir eu accès au dossier d’instruction, au dossier de police et aux archives du contre-espionnage, on découvre l’affaire Seznec sous un autre angle.

Deux perquisitions ont été effectuées à Ker-Abri, la propriété de Pierre Quéméneur : la première le 29 juin 1923 et la seconde le 11 juillet. Lors de cette dernière, de nombreux documents ont été saisis.

Voici deux éléments figurant dans l’inventaire rédigé de la main de l’inspecteur Bonny :

  • Dix carnets contenant des annotations de la main du disparu.

  • Dix-sept cahiers portant l’en-tête « Double des correspondances ».


Pv de perquisition Kerabri 11 juillet 1923


Cahier double des correspondances


Il y a quelque chose d’étrange. Les cahiers ont disparu. Un seul a été conservé dans le dossier d’instruction. Les autres ont probablement été détruits. Il serait intéressant de savoir par qui, quand et pour quelles raisons. Apparemment, cette disparition n’a jamais été signalée dans aucune des demandes en révision. C’est dans ces cahiers que Pierre Quéméneur consignait sa correspondance, notamment ses réponses aux petites annonces publiées dans le journal L’Auto.



Il a fallu attendre 100 ans pour que je découvre que Pierre Quéméneur répondait bien aux petites annonces du journal L’Auto. La police et la justice avaient omis de procéder à cette vérification en 1923. Les cahiers de Quéméneur ayant tous disparu, à l’exception d’un seul, cela explique peut-être pourquoi ce fait n’est mentionné dans aucune des quatorze demandes en révision.

Un autre fait est troublant : où sont passés les journaux ?

Gabriel Saleun, fondé de pouvoir de la banque de Quéméneur, rapporte que ce dernier avait découvert l’affaire des Cadillac en répondant à des annonces publiées dans les journaux. On pouvait donc s’attendre à ce que les journaux qui devaient se trouver sur le bureau de Quéméneur aient été saisis lors de l’enquête. Or, nous n’en trouvons aucune trace dans le dossier.

Un troisième fait soulève également des interrogations : où sont passés les relevés téléphoniques et télégraphiques de Pierre Quéméneur ? Dans le dossier de surveillance du contre-espionnage, il y a plus de 200 télégrammes saisis. Dans l'affaire Seznec, il n'y a pas un seul relevé téléphonique.

Ce que je constate, c’est que l’enquête de police semble s’arrêter systématiquement dès qu’il s’agit d’effectuer des recherches sur l’affaire des Cadillac ou sur le mystérieux Américain Sherdly.

Espérons que la quinzième demande en révision, actuellement en cours d’instruction, permettra enfin de faire toute la lumière sur ces zones d’ombre.


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