L'Américain Sherdly était l’intermédiaire dans l’affaire des Cadillac. Pierre Quéméneur l’avait décrit avec de nombreux détails à son banquier, Saleun. Or, cet Américain d’origine polonaise a été identifié comme témoin par la justice française dans une autre affaire.
J’ai demandé aux archives départementales de rechercher, dans les fonds du tribunal correctionnel, une copie de la décision de justice concernée. J’espère qu’elle a été conservée. Si c’est le cas, nous aurons enfin le véritable nom de celui qui se cache derrière l’Américain « Sherdly ».
Je sais qu’il s’agit de Leon Turrou, ou Turowsky. Si la décision de justice confirme cette identification, nous disposerons alors d’un élément particulièrement difficile à contester.
Je pense que, d’ici la fin du mois, après avoir reçu et minutieusement dépouillé plusieurs fonds d’archives d’une portée exceptionnelle, une grande partie de l’affaire Seznec pourra être réexaminée sur la base d’éléments documentaires nouveaux.
Ce qui apparaît de plus en plus clairement est que l’affaire des Cadillac s’est déroulée d’une manière très proche de celle décrite dans le dossier d’instruction, et notamment dans le procès-verbal d’audition de Saleun, le banquier de Pierre Quéméneur. L’acte d’accusation est ensuite parti dans une direction qui paraît en contradiction avec plusieurs de ces faits.
Il ne s’agit donc plus seulement de proposer une nouvelle hypothèse sur l’affaire Seznec. L’objectif est désormais de confronter, pièce après pièce, ce que disait l’enquête en 1923 avec des archives qui n’avaient pas été exploitées, ou qui n’avaient jamais été rapprochées de l’affaire.
Lorsque ce travail sera terminé, nous examinerons avec des personnes compétentes si ces éléments sont susceptibles de justifier le dépôt d’une nouvelle demande en révision. Cette décision ne m’appartiendra évidemment pas. Les seuls à pouvoir décider d’engager une telle démarche seront les descendants de Guillaume Seznec avec Denis Le Her Seznec. Je ne vois pas la justice s'autosaisir. Ensuite, je publierai un document de référence.
Le résultat de mes recherches permet d'envisager de nouvelles pistes concernant la disparition de Pierre Quéméneur. La culpabilité de Seznec en ce qui concerne le meurtre devient une hypothèse alambiquée et peu crédible. Je reste convaincu que la meilleure explication reste le témoignage de Petit-Guillaume. Je ne pense pas qu'il s'agisse d'une agression sexuelle. Pierre Quéméneur est revenu à Morlaix car il s'est produit un évènement grave. Rien n'indique qu'il soit même revenu par le train.

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