dimanche 23 août 2026

Affaire Seznec : existe-t-il aujourd'hui suffisamment d'éléments nouveaux en 2026 pour demander une nouvelle révision ?

Affaire Seznec : Existe-t-il aujourd'hui suffisamment d'éléments nouveaux pour demander une nouvelle révision ?
Par Bertrand Vilain 
Chercheur indépendant




Préambule important : Le résultat de mes recherches n'a pas encore été publié. J'ai remplacé par XXX les noms de personnes, d'organisations, de lieux. Bien sûr, ils seront publiés ultérieurement avec tous les documents et archives. Je comprends que cela soit frustrant pour le lecteur. Il y a plusieurs raisons. Je ne souhaite pas divulguer le résultat d'années de recherches prématurément avec le risque de les voir reproduites, copiées, dénaturées par des personnes mal intentionnées. 


Depuis la condamnation de Guillaume Seznec en 1924 pour le meurtre de Pierre Quéméneur, de très nombreuses demandes en révision ont été déposées. Toutes ont échoué.

La dernière grande décision, celle de 2006, semblait avoir refermé une nouvelle fois le dossier.

Pourtant, depuis plusieurs années, mes recherches m'ont conduit vers des documents qui n'avaient jamais été rapprochés de l'affaire Seznec : archives françaises, américaines et russes, anciennes annonces automobiles, dossiers de la Sûreté générale, documents concernant le commerce soviétique en France, XXX, XXX, XXX, XXX et enfin XXX.

À cela s'ajoute un autre élément d'une nature totalement différente : le témoignage tardif de Petit-Guillaume Seznec, fils du condamné.

La question n'est donc plus seulement historique.

Elle devient juridique :

Ces éléments sont-ils suffisamment nouveaux et suffisamment importants pour faire naître un doute sur la culpabilité de Guillaume Seznec ?

C'est à cette question qu'il faut répondre, sans chercher à forcer les faits.

1. Revenir à la question essentielle : quelles sont les preuves du meurtre ?

Avant de parler des nouveaux éléments, il faut revenir au procès de 1924.

Guillaume Seznec a été condamné pour deux catégories de faits très différentes :

le meurtre de Pierre Quéméneur ;
des faux en écriture liés notamment à la propriété de Traou-Nez.
Or, un siècle plus tard, ces deux aspects sont encore souvent confondus.

Concernant les faux, le dossier comporte des éléments matériels importants : la promesse de vente, la machine à écrire Royal-10 retrouvée chez Seznec, le déplacement au Havre et différentes expertises.

Mais concernant le meurtre lui-même, la situation est très différente.

Il n'existe :

aucun corps ;
aucune scène de crime identifiée ;
aucune arme du crime ;
aucune cause de décès connue ;
aucun témoin du meurtre ;
aucune trace matérielle établissant que Guillaume Seznec a donné la mort à Pierre Quéméneur.
Il existe évidemment des indices.

Pierre Quéméneur est encore vu avec Guillaume Seznec au cours de leur voyage vers Paris. Seznec revient ensuite seul en Bretagne. Il donne une version contestée des circonstances de leur séparation.

Mais il manque toujours le passage essentiel :

Comment passe-t-on de “Quéméneur était avec Seznec” à “Seznec a tué Quéméneur” ?

En 1924, ce passage a été effectué par déduction.

La découverte ultérieure des faux et de la machine à écrire a renforcé la conviction des enquêteurs : puisque Seznec aurait fabriqué des documents après la disparition de Quéméneur, il aurait nécessairement été son meurtrier.

Mais cette conclusion n'est pas une preuve matérielle de l'homicide.

C'est une construction indiciaire.

Et c'est précisément pour cette raison que les faits nouveaux doivent aujourd'hui être examinés avec attention.

2. Premier fait nouveau : le témoignage de Petit-Guillaume

Le premier élément à examiner n'est probablement pas l'affaire des Cadillac.

C'est le témoignage de Petit-Guillaume Seznec, fils de Guillaume et Marie-Jeanne Seznec.

Dans un témoignage recueilli plusieurs décennies après les faits par Maître Denis Langlois, Petit-Guillaume affirme avoir vu Pierre Quéméneur à Morlaix dans des circonstances qui, si elles sont correctement rapportées et authentiques, seraient incompatibles avec le scénario selon lequel Guillaume Seznec l'aurait tué pendant le voyage vers Paris.

Le document de travail consacré à ce témoignage rappelle qu'il affirme avoir vu Quéméneur mort à Morlaix et livre ensuite sa propre interprétation des événements. Il faut cependant distinguer strictement ce qu'il dit avoir vu de ce qu'il suppose ensuite.

Ce témoignage présente évidemment des faiblesses.

Il est tardif.

Petit-Guillaume était enfant en 1923.

Il n'existe, à ma connaissance, aucun élément matériel permettant aujourd'hui de confirmer directement la scène qu'il décrit.

Il serait donc excessif d'écrire :

« Petit-Guillaume prouve que Seznec est innocent. »

Ce n'est pas le cas.

Mais la question juridique est différente :

Ce témoignage est-il susceptible de faire naître un doute lorsqu'il est rapproché de l'ensemble des autres éléments ?

C'est beaucoup plus difficile à écarter.

3. Deuxième élément : l'affaire des Cadillac n'était peut-être pas une invention

Pendant un siècle, l'une des grandes difficultés de l'affaire Seznec tient au fameux commerce de Cadillac destinées à la Russie soviétique.

La thèse judiciaire a longtemps consisté à considérer cette histoire comme une invention servant à justifier le voyage vers Paris.

Or plusieurs découvertes ont profondément changé le dossier.

Pierre Quéméneur lui-même avait parlé de cette affaire à des tiers.

Il était question :

de Cadillac américaines ;
de plusieurs véhicules ;
d'un marché lié à la Russie ;
d'un intermédiaire à Paris ;
de commissions ;
et d'une annonce dans un journal.
Dans mon travail préparatoire à une éventuelle révision, j'avais recensé 27 caractéristiques concernant cette affaire et le mystérieux intermédiaire américain.

Pendant longtemps, ces informations semblaient invérifiables.

Elles le sont beaucoup moins aujourd'hui.

4. L'annonce O.I.R. : un document particulièrement important

Dans L'Auto des 7 et 9 février 1923 paraît une annonce relative à la recherche de Cadillac.

Elle est signée O.I.R.

Ce point est fondamental pour une raison très simple :

l'annonce est antérieure à la disparition de Pierre Quéméneur.

Elle n'a donc pas pu être fabriquée par Guillaume Seznec pour construire sa défense.

Et elle présente plusieurs ressemblances avec le marché décrit dans l'affaire.

Les recherches menées depuis permettent également de sortir O.I.R. de l'anonymat.

Il ne s'agit plus seulement de trois lettres imprimées dans un journal.

Elles conduisent vers l'XXX, une structure commerciale réelle, et vers XXX.

Les documents réunis sur cette affaire permettent aujourd'hui de suivre XXX, ses statuts, ses activités, ses difficultés XXX et son intervention dans les échanges avec la Russie.

Cela ne prouve toujours pas que Quéméneur répondait précisément à cette annonce.

Mais cela change la nature du problème.

Hier :

« L'histoire des Cadillac paraît invérifiable. »

Aujourd'hui :

« Il existait effectivement, avant la disparition de Quéméneur, une recherche de Cadillac dans un milieu commercial lié à la Russie. »

5. La Russie soviétique achetait réellement des automobiles à l'étranger

Un autre argument ancien consistait à considérer l'histoire d'automobiles américaines destinées à la Russie soviétique comme hautement improbable.

Les archives russes montrent pourtant que cette hypothèse n'a rien d'extravagant.

Après la guerre civile, la Russie soviétique manque de matériel.

Elle importe des machines, des équipements et des véhicules.

Des achats de voitures étrangères, y compris de véhicules de prestige et de véhicules d'occasion, sont documentés.

Les dossiers étudiés mentionnent notamment des recherches concernant des Rolls-Royce, des Packard et diverses commandes d'automobiles. Ils montrent également que les importations étaient étroitement contrôlées et passaient par différents organismes soviétiques.

Une commande de Cadillac d'occasion n'est donc plus une absurdité historique.

Cela ne signifie pas que nous avons retrouvé la commande décrite par Quéméneur.

Cette distinction est capitale.

Nous pouvons aujourd'hui établir la plausibilité et l'existence d'un environnement économique correspondant.

Nous ne pouvons pas encore démontrer toute la chaîne commerciale.

6. XXX XXX et XXX


XXX

XXX.

XXX.

Les archives montrent que cette structure intervient dans des achats effectués XXX et que des véhicules figurent parmi les marchandises recherchées.

XXX n'est donc pas un personnage ajouté artificiellement à l'affaire Seznec.

Il est un acteur réel du commerce XXX au moment même où Quéméneur recherche des automobiles.

Là encore, il faut rester précis.

Nous n'avons pas encore la pièce disant :

« XXX a commandé les dix Cadillac de l'annonce O.I.R. »

Ce serait aller trop loin.

En revanche, nous savons maintenant que le circuit économique nécessaire à une telle opération existait réellement.

7. Léon Turrou : le mystérieux Américain ?

Un autre personnage apparaît dans les déclarations concernant l'affaire des Cadillac.

Son nom varie : Chardy, Cherdy, Sherdy, Sherdly...

Il serait Américain.

Il connaîtrait la Russie.

Il aurait des contacts importants.

Il circulerait entre les États-Unis, la France et la Russie.

Depuis plusieurs années, mes recherches m'ont conduit vers Léon Turrou.

Son parcours présente un nombre inhabituel de correspondances avec le personnage décrit dans l'affaire Seznec.

Mon dossier de travail en recensait plusieurs dizaines : nationalité, langues, présence en Russie, relations avec les autorités américaines et soviétiques, déplacements internationaux et chronologie.

Mais il faut là encore distinguer l'hypothèse de la preuve.

Je ne peux pas écrire aujourd'hui dans une demande de révision :

« Sherdly était Léon Turrou. »

Je peux écrire :

« Léon Turrou est aujourd'hui un candidat particulièrement sérieux pour expliquer l'identité de l'Américain recherché en 1923. »

La différence est essentielle. Bien sûr, mes connaissances sur le sujet m'ont conforté dans la certitude que Sherdly est bien Turrou car il est le seul candidat possible. Cette certitude du chercheur est plus difficile à transposer dans le droit.

8. Un problème considérable : cette piste n'a pratiquement pas été investiguée

C'est probablement l'un des aspects les plus incompréhensibles de l'affaire.

La police savait qu'il fallait rechercher l'Américain.

L'inspecteur Bonny est envoyé boulevard Malesherbes.

Mais les recherches se concentrent finalement sur un Suédois dont le nom ressemble vaguement à Sherdy.

Aucune véritable enquête ne semble avoir été menée sur :

les annonces automobiles ;
O.I.R. ;
XXX;
XXX ;
les véritables circuits franco-russes ;
XXX ;
XXX.

Il y a d'autres lacunes : recherches postales incomplètes, absence de vérification des annonces dans L'Auto, absence de recherches sur O.I.R., relevés de communications non exploités, pas de vérifications des journaux dans le bureau de Quémeneur, etc.

Or nous découvrons aujourd'hui que les pistes qui n'ont pas été explorées conduisent justement vers des structures qui existaient réellement.

La question n'est donc plus seulement :

« La police aurait-elle pu mieux enquêter ? »

Ce serait banal.

La question devient :

« Peut-on considérer comme imaginaire une piste dont on découvre aujourd'hui qu'elle reposait sur des acteurs et des opérations réels, alors qu'elle n'avait pas été véritablement vérifiée ? »

9. L'étrange affaire du boulevard Malesherbes

Une autre anomalie mérite également d'être examinée : la date à laquelle un homme est venu demander du courrier au nom de Quéméneur au bureau de poste du boulevard Malesherbes.

Les premières informations font apparaître la date du 26 mai.

Une note de police mentionne ensuite le 2 juin.

Cette différence est considérable.

Si l'homme s'est présenté le 26 mai, Guillaume Seznec se trouvait sur la route du retour vers la Bretagne.

Dans le dossier consacré à cette enquête, les différentes déclarations de Pouliquen, des employés des postes et les annotations du commissaire Vidal montrent que cette question de date posait déjà problème aux enquêteurs.

Je ne considère pas actuellement que cette question soit définitivement résolue.

Mais elle mérite une réévaluation très minutieuse.

10. Une objection importante : les jurés avaient écarté la préméditation

C'est probablement la première objection qu'opposerait une commission de révision.

Les jurés de 1924 ont rejeté la préméditation et le guet-apens.

On peut donc répondre :

« Même si l'affaire des Cadillac existait réellement, cela ne prouve pas que Seznec n'a pas tué Quéméneur plus tard, à la suite d'une dispute ou pour une autre raison. »

Cet argument est valable.

Il faut l'admettre.

C'est précisément pour cela qu'une nouvelle demande en révision ne pourrait pas reposer uniquement sur l'annonce O.I.R.

L'affaire des Cadillac doit être replacée dans un ensemble beaucoup plus large.

Elle montre que le but du voyage de Quéméneur pouvait être réel.

Elle montre que des tiers pouvaient avoir un intérêt à le rencontrer.

Elle montre que la justice a peut-être considéré comme fictive une piste qui ne l'était pas.

Mais elle ne suffit pas, à elle seule, à exclure un meurtre commis par Seznec.

11. La véritable question : que reste-t-il de la preuve du meurtre ?

C'est ici, à mon avis, que se trouve le cœur d'une éventuelle nouvelle demande en révision.

Il faudrait repartir du verdict de 1924 et séparer complètement :

  • les preuves concernant les faux
  • les preuves concernant l'homicide

La promesse de vente et la machine à écrire peuvent constituer des éléments importants concernant les faux.

Mais même si l'on admettait que Seznec a participé à la fabrication d'un faux document, une question demeure :

Cela suffit-il à établir qu'il a tué Pierre Quéméneur ?

La réponse n'est pas évidente.

Et elle l'est encore moins si l'on ajoute maintenant :

le témoignage de Petit-Guillaume ;
l'existence réelle de l'affaire automobile ;
l'annonce O.I.R. ;
XXX ;
XXX;
XXX ;
XXX;
la piste Léon Turrou ;
les recherches policières très incomplètes sur cet environnement.
Pris séparément, aucun de ces éléments ne résout l'affaire.

Mais une demande en révision ne consiste pas nécessairement à apporter la photographie du véritable meurtrier.

Elle consiste à poser une autre question :

La certitude qui a permis de condamner Guillaume Seznec pour meurtre peut-elle encore être maintenue lorsque l'on introduit dans le dossier tous ces éléments inconnus ou insuffisamment examinés ?

12. Ce que je n'affirme pas

Il est important de le préciser.

Je n'affirme pas aujourd'hui que :

XXX a commandé les Cadillac.

Je n'affirme pas que :

Léon Turrou était nécessairement Sherdly.

Je n'affirme pas que :

Quéméneur est certainement revenu à Morlaix le 27 mai.

Je n'affirme pas que :

nous savons comment Pierre Quéméneur est mort.

Certaines reconstitutions anciennes de mon dossier allaient plus loin et proposaient un scénario complet reliant Turrou, les Cadillac, Paris puis le retour de Quéméneur à Morlaix. Ce scénario doit aujourd'hui être considéré comme une hypothèse de travail, et non comme un fait établi.

C'est une distinction indispensable.

Il existe une nouvelle source totalement différente qui fait aussi référence à un personnage qui ressemble étrangement à Turrou. Cette source ne donne pas de nom mais donne une indication pour le retrouver qui est une décision de justice. 

Une demande en révision sérieuse serait affaiblie si elle tentait de remplacer la reconstitution judiciaire de 1924 par une nouvelle histoire tout aussi impossible à démontrer.

13. Ce que nous pouvons en revanche établir

À ce stade de mes recherches, plusieurs constatations me paraissent beaucoup plus solides.

Premièrement, la condamnation pour meurtre ne repose sur aucune preuve matérielle directe de l'homicide.

Deuxièmement, le témoignage de Petit-Guillaume constitue un élément qui doit être examiné sérieusement, même si sa tardiveté et l'absence de corroboration matérielle imposent la prudence.

Troisièmement, l'affaire de voitures américaines destinées à la Russie ne peut plus être simplement présentée comme une invention absurde.

Quatrièmement, une annonce concernant des Cadillac existe réellement avant la disparition de Quéméneur.

Cinquièmement, O.I.R. renvoie à un environnement commercial identifiable.

Sixièmement, les Soviétiques achetaient effectivement des automobiles à l'étranger, y compris par l'intermédiaire de structures implantées en Europe.

Septièmement, XXX et XXX étaient connus et surveillés par les services français.

Huitièmement, Léon Turrou présente un profil suffisamment proche du mystérieux Américain pour justifier des recherches approfondies.

Neuvièmement, l'enquête Seznec n'a pratiquement pas exploré ce réseau.

14. Que demanderait une nouvelle requête en révision ?

Elle ne devrait pas demander à la justice de croire un scénario alternatif.

Elle devrait demander que soient examinés les faits nouveaux.

Notamment :

le témoignage de Petit-Guillaume, son enregistrement original, sa provenance et les témoignages de ceux qui en ont eu connaissance ;

l'annonce O.I.R., son commanditaire et les archives commerciales de XXX ;

XXX et ses activités entre 1922 et 1924 ;

les dossiers XXX et XXX détenus par les services de police et de contre-espionnage ;

Léon Turrou, ses déplacements en France, ses relations et ses activités au printemps 1923 ;

et enfin la chronologie exacte du boulevard Malesherbes, notamment la question du 26 mai et du 2 juin.

Le dossier préparatoire montre déjà que les recherches de 1923 sur l'Américain furent beaucoup plus limitées que ne le laisserait penser l'importance de cette piste.

Conclusion : faut-il demander une nouvelle révision ?
Je pense aujourd'hui qu'il existe une base suffisamment sérieuse pour préparer une nouvelle demande en révision.

Cela ne signifie pas que la révision serait acquise.

Cela ne signifie pas non plus que Guillaume Seznec est désormais judiciairement innocenté.

La question est plus modeste, mais aussi plus fondamentale.

En 1924, les jurés ont condamné un homme pour meurtre sans corps, sans scène de crime, sans arme, sans cause de décès connue et sans témoin de l'homicide.

Les principaux éléments matériels du dossier concernent surtout les faux et la machine à écrire.

Depuis, un témoignage inconnu des jurés est apparu.

Une affaire commerciale que la justice avait considérée comme largement fictive apparaît sous un jour très différent.

Une annonce de Cadillac a été retrouvée.

Des sociétés et des hommes réels apparaissent derrière cette affaire.

Des dossiers de police montrent que certains de ces acteurs étaient surveillés au même moment par la Sûreté générale.

Et pourtant, aucun rapprochement sérieux n'a été effectué en 1923.

La question qui devrait être posée à une nouvelle commission de révision n'est donc pas :

« Pouvez-vous prouver aujourd'hui qui a tué Pierre Quéméneur ? »

Elle est beaucoup plus simple :

« Au regard de tout ce que nous savons aujourd'hui et que les jurés de 1924 ignoraient, peut-on encore affirmer sans doute sérieux que Guillaume Seznec a tué Pierre Quéméneur ? »


C'est probablement sur cette question, et sur elle seule, qu'une nouvelle demande en révision devrait être construite.


Enfin, pour terminer sur une note d'espoir, au moment où vous lirez ces lignes, il est possible que certains points en suspens se transforment en faits avérés.

En effet, je dois accéder dans les prochaines heures à un important dossier d'archives. Ce dernier peut contenir des révélations et des liens avec l'affaire Seznec. Cela changerait la nature de la demande de révision.

Autre chose, comme je l'ai indiqué plus haut, l'Américain Sherdly aurai été entendu par la justice dans le cadre d'une autre affaire et donc, nous pourrions avoir son identité véritable. Il s'agit d'une décision de justice de 1924 sur des faits passés qui datent de 1923. Les archives du greffe du tribunal correctionnel de XXX se trouvent dans les archives départementales de XXX. J'ai fait une demande de reproduction.

J'ai aussi retrouvé un dossier personnel oublié de Leon Turrou sur ses activités en 1923. Il est archivé aux Etats-Unis. J'ai demandé une reproduction.

Mais d'autres pistes n'ont pas abouti. Par exemple, les archives de l'agence parisienne de la Bankers Trust ont été détruites. Cela m'a été confirmé par l'archiviste de cette banque. 


1 commentaire:

Anonyme a dit…

Depuis que j'ai découvert que les 5 marins de la Marie-Ernestine ne pouvaient être ensemble à bord qu'à partir du 28 mai 1923 à 0h 01 je considère que la piste de Plourivo n'est pas fermée correctement. Un ami de Louis Quéméner ( K.) a pu convaincre Guillaume Seznec de faire des faux pour sauver son investissement. Faux qui se seraient retournés contrelui.