Lors d'une demande de révision déposée par Claude Bal au nom de Jeanne Seznec, la justice demande au commissaire Camard de répondre point par point.
Nous savons que la demande de révision de Claude Bal n'est pas sérieuse. Il y a toutefois des points plus solides qui sont repris de l'avocat Me Lamour, notamment sur les incohérences du témoignage de l'agent des postes Begué du bureau n°3 au 6 Boulevard Malesherbes. Laissons parler le commissaire Camard page 218 de son rapport :
Le 25 Juin, donc, la police savait que l’inconnu ne s’était pas présenté au bureau de poste numéro 3 avant le 2 Juin ; Seznec n’ayant été entendu, pour la première fois, que le lendemain 26 Juin par le Commissaire CUNAT. L’enquête policière n’avait donc pas encore établi l’impossibilité pour lui de se trouver à Paris le 26 mai.
D’autre part, il ne peut être question pour la police de chercher dès le 25 Juin à établir sa présence à Paris le 2 Juin, pour les mêmes raisons alléguées ci-dessus quant à son déplacement à Paris et sa visite à Me GAUTIER.
Seznec dans sa première déclaration ne cite d’ailleurs pas le 2 Juin. Il dit :
« Je suis retourné à Paris le 31 mai au soir par le train qui passe à Morlaix à 21 h 25. Je suis arrivé à Paris le 1er juin vers 7 heures. À Paris, je suis allé trouver un Avocat, Me GAUTIER rue Vivienne n° 51, pour un différend avec un avoué. Je me suis rendu dans la soirée, vers 17 heures, à l’hôtel de Normandie. J’ai demandé à la caissière si on n’avait pas vu un sieur Quéméneur, on m’a répondu qu’on ne le connaissait pas. Je me suis retiré sans faire aucune objection. Je n’ai rien dit d’autre.
S. I. — Je n’ai rien dit du tout, rien. À 18 heures, je suis retourné chez Me GAUTIER. Puis je suis revenu à la gare prendre mon train. J’ai mangé dans le train. »
Il ne parlera du 2 Juin que postérieurement, le 28 Juin 1923 (cote 12). Il sera d’ailleurs établi d’une façon indiscutable que c’est bien le 2 Juin qu’il était à Paris. (cotes 232 et 240).
Ce n’est que le 28 Juin 1923 (cote 51), que Begué Alfred, commis des postes au bureau numéro 3, boulevard Malesherbes, a été entendu par procès-verbal. Il a dit :
« C’est bien moi qui ai reçu au guichet de la poste restante, au bureau numéro 3, Boulevard Malesherbes, la personne qui est venue demander s’il y avait de la correspondance pour M. Quemeneur. Sur ma réponse négative, cette personne a ajouté : “un recommandé”. J’ai fait remarquer que s’il y avait un objet recommandé ou chargé il y aurait une fiche dans la case correspondante au destinataire. »
Il s'agit d'un très gros mensonge du commissaire Camard. Après la découverte de la valise de Pierre Quéméneur abandonnée au Havre le 20 juin, la police prend très au sérieux cette disparition. Un policier de Paris va être dépêché discrètement à Morlaix pour interroger Seznec, entre le 22 et 23 juin. Seznec va faire un certain nombre de révélations. Il donne des indications sur le nom de la brasserie avenue du Maine où Quéméneur avait son rendez-vous. Il donne aussi des détails sur l'affaire des Cadillac et il dit qu'il s'est bien rendu à Paris début juin. A partir du 22 juin, la police en savait beaucoup plus que ne prétend le rapport du commissaire Camard.

2 commentaires:
Bonjour,
Est-ce qu'il existe une confirmation de la réceptionniste de l’hôtel de Normandie du passage de Seznec, le 1ᵉʳ ou 2 juin ?
Quel policier a signé le rapport, sur la même réceptionniste, qui nous dit qu’un homme avait demandé Quéméneur le 26, 27 ou 28 mai ?
Bonjour
Seznec indique avoir demandé au café à coté de l'hôtel. Le juge Campion a donné commission rogatoire à l'inspecteur Roche pour faire les investigations à l'hôtel de Normandie et au café Ville d'Argentan. Le rapport est signé Roche.
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