Je suis toujours en train d’écrire un livre ultime sur l’affaire Seznec. Je prends mon temps. Ce livre ne cherchera pas à prouver la culpabilité ou l’innocence, mais à aller au-delà, en expliquant ce qu’il s’est réellement passé. La seule conclusion logique est que la culpabilité de Seznec est très improbable.
J’y démonte l’intégralité du dossier d’instruction, en expliquant pourquoi la justice a fait fausse route. Elle n’a pas trouvé la solution par excès de confiance. Bien sûr, les actes de procédure se sont multipliés, souvent dans le but de conforter la thèse de la culpabilité. À la lecture du dossier, on s’aperçoit que la découverte d’une casquette, d’un papier gras ou d’un champignon donne lieu à des procès-verbaux et à des expertises. En revanche, des faits comme ceux rapportés par le banquier Saleun ne font l’objet d’aucune vérification ni recherche.
L’affaire Seznec a indirectement laissé des traces dans un autre dossier. Ce dossier constitue la clé de l’affaire et permet de la comprendre. Le livre en préparation en exposera tous les éléments et toutes les preuves.
Je n’ai pas encore publié cet ouvrage, car l’affaire Seznec n’est plus une préoccupation actuelle. Il faut que certaines conditions soient réunies. Ce livre pourrait servir de base à une ultime demande de révision.
Il faut comprendre que l’institution judiciaire et la magistrature sont farouchement opposées à toute révision. C’était d’ailleurs l’objet du documentaire diffusé sur France 3, La fabrique de l’affaire.
J’ai assisté à une conférence de Patrice Petitjean, ancien juge d’instruction à Saint-Brieuc et magistrat en cour d’appel. Son argumentation se fonde sur l’émission de France 3 ainsi que sur les arrêts de la Cour de cassation de 1996 et 2006. Il n’a pas eu accès aux 6 000 pages du dossier d’instruction, ni aux 1 500 pages du dossier de police de 1923. Il ne maîtrise donc pas pleinement le sujet : il reste vague, s’embrouille et commet des erreurs factuelles.
Par exemple, il affirme que, le samedi 26 juin au matin, un témoin à La Queue-lez-Yvelines confirme le passage de Seznec. En réalité, Seznec a croisé un ouvrier agricole russe, puis un camion Dodge livrant des meubles, et, vers 5 h 30, un agriculteur nommé Schwartz qui lui vend un bidon d’essence. Cette rencontre a lieu à proximité de la gare de Montfort-l’Amaury.
Son analyse est très succincte et emprunte aux clichés. Il ironise sur l’hypothèse « Petit-Guillaume » sans apporter de faits précis pour justifier son ironie. Selon lui, la culpabilité de Seznec ne fait aucun doute, ce qui reflète une position institutionnelle. Je serais toutefois curieux de connaître les conditions dans lesquelles a été prise la décision de produire ce documentaire à charge de France 3.
Denis Le Her-Seznec est aujourd’hui très malade et consacre son énergie à se soigner du mieux possible. Il n’a plus la force de repartir au combat.
Denis Langlois a écrit à plusieurs gardes des Sceaux pour rouvrir le dossier. L’institution judiciaire y est très hostile. À moins qu’un fait nouveau ne l’y contraigne, il n’y a rien à attendre de ce côté-là.

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